Massif du Mont-Blanc — Val Ferret italien, 2 835 m
Montée au bivouac Gervasutti depuis le secteur de Lavachey, dans le Val Ferret italien : un itinéraire alpin varié — forêt, torrents, crêtes rocheuses, dalles glaciaires, éboulis et passages équipés — jusqu’à la capsule perchée au pied des Jorasses. Parcouru à deux le 11 octobre 2026, dans d’excellentes conditions.

Fiche technique
| Départ | Secteur de Lavachey, Val Ferret italien : petit hameau situé avant la restriction de circulation (≈ 1 650 m) |
| Arrivée | Bivouac Gervasutti, 2 835 m |
| Distance | ≈ 9 km aller-retour (trace GPS) |
| Dénivelé | ≈ 1 200 m |
| Durée | ≈ 4 h de montée, à un rythme tranquille |
| Difficulté | PD — appréciation personnelle, qui rejoint les cotations fréquemment trouvées sur le net. Difficulté technique modérée ; exposition de certains passages, y compris non équipés |
| Équipement | Deux sections de cordes fixes bleues (≈ 100 m de dénivelé, puis ≈ 70 m sous le bivouac) ; ni échelles ni marches métalliques |
| Matériel | De quoi s’assurer sur les cordes fixes ; crampons selon l’état du reliquat glaciaire |
| Conditions | Le 11 octobre 2026 : excellentes — soleil, rocher sec, ni neige ni gel, sauf sur le reliquat glaciaire |
| Hébergement | Bivouac non gardé, 12 couchages, très fréquenté ; pas de système de réservation lors de notre passage |
Le parcours
- Forêt et pâturages. Après avoir traversé la rivière, le sentier monte dans les bois puis traverse des pâturages boisés, fréquentés par les bovins. Il devient ensuite moins évident ; quelques marques peintes sur les arbres permettent de garder la bonne direction.
- Attention à l’orientation vers 400 m de dénivelé. Les cairns partent nettement vers l’ouest, alors que la trace GPS que nous avions téléchargée indiquait l’est. Nous avons suivi la trace GPS vers l’est, en traversant sans difficulté plusieurs torrents, sans balisage ni cairns, avant de retrouver le sentier. Avec le recul, cette variante n’est pas la meilleure option : l’aller-retour par l’itinéraire pris à la descente (étape 7) me semble plus judicieux.
- Première section de cordes fixes, vers 600 m de dénivelé. Au bord d’un torrent, plusieurs cordes fixes successives permettent de franchir les passages rocheux, sur environ 100 m de dénivelé. Le terrain est aérien, sans difficulté technique majeure dans nos conditions. Suit une crête assez raide, exposée de part et d’autre : sans danger pour autant, mais n’y emmenez pas d’enfants.
- Blocs, éboulis et dalles polies. Les cairns deviennent nombreux et permettent de suivre globalement l’itinéraire, mais il faut rester attentif au choix des passages : certains cheminements cairnés m’ont paru inutilement exposés, et j’ai parfois identifié un ou deux passages plus sûrs que ceux indiqués par les cairns. Par endroits, une glissade pourrait entraîner une chute importante au-dessus de barres rocheuses : rien de rédhibitoire, mais il faut rester attentif.
- Le reliquat glaciaire. Une trentaine de mètres à traverser, dans une pente qui impose d’avoir le pied sûr. Nous l’avons franchi sans chausser les crampons : ce choix correspond uniquement aux conditions du jour et ne constitue pas une recommandation générale. Au pire, il se contourne par le bas.
- Le dernier ressaut, équipé. Après les blocs et les dalles, une seconde section de cordes fixes, raide et exposée, mène au bivouac : environ 70 m de progression équipée, sans échelles ni marches métalliques. Les cordes fixes bleues semblent avoir une âme métallique sous leur gaine, localement détériorée ou absente, mais l’ensemble nous a paru en état satisfaisant. Elles permettent de s’assurer avec du matériel adapté. Le bivouac est posé à 2 835 m, au bord du glacier de Frébouze.
- Descente : l’itinéraire conseillé. Même secteur général, mais par la trace plus classique dans la partie basse, qui rejoint un parking situé à environ 1 km de route avant notre point de départ. Plus logique et plus facile à suivre que la variante du matin, c’est l’itinéraire que je privilégierais aussi pour la montée.
Carte et trace GPS
La trace a été enregistrée le jour de la sortie. En trait plein rouge, la descente : c’est l’itinéraire conseillé, aussi pour la montée. En pointillés orange, notre montée par la variante GPS, déconseillée dans sa partie basse ; les deux tracés se rejoignent vers 2 100 m. Le fichier GPX contient les deux.
Survolez le profil pour situer un point sur la carte. Molette de la souris : cliquez d’abord sur la carte pour zoomer. Fond de carte : © OpenTopoMap (CC-BY-SA), données © contributeurs OpenStreetMap, SRTM.
À savoir
- Le choix de l’itinéraire est déterminant, notamment dans la partie basse. Les principales difficultés tiennent moins à l’escalade qu’à l’orientation et à l’exposition de certains passages non équipés.
- Pied sûr indispensable, avec une certaine aisance en terrain rocheux et une bonne capacité à choisir son cheminement. N’y emmenez pas d’enfants.
- Bivouac très fréquenté : 18 personnes y auraient dormi la veille de notre passage, pour 12 couchages. Au jour de notre montée, aucun système de réservation n’existait, contrairement à certains refuges en France, y compris en période non gardée. Je ne suis pas de ceux qui trouvent du charme à être 18 dans un lieu prévu pour 12…
- Itinéraire alpin non entretenu : l’état du reliquat glaciaire, des cordes fixes et du balisage peut changer d’une saison à l’autre. Vérifier la météo et les conditions ; renoncer en cas de neige ou de verglas sur les dalles.
- La circulation est restreinte dans le haut du Val Ferret : se renseigner sur les conditions d’accès avant de partir.
- Trace enregistrée le 11 octobre 2026, fournie à titre indicatif : elle ne remplace ni une carte ni l’appréciation des conditions sur place.
En résumé : une très belle sortie dans un environnement spectaculaire. À refaire, sans hésitation, mais en empruntant dès la montée le cheminement suivi à la descente.
